Sclérothérapie
Traitement fréquent de certaines affections veineuses, la sclérothérapie consiste en l'injection d'un produit qui va détruire les veines malades. Voici le tour des précautions à prendre avant et après une séance de sclérothérapie.
Les troubles veineux sont fréquents et concernent une large partie de la population. Souvent diagnostiqués tardivement, ils peuvent entraîner l'apparition de varicosités ou de varices. La sclérothérapie est alors l'un des traitements les plus utilisés. Pratiquée en ambulatoire, cette technique consiste à injecter dans la varice, par l'intermédiaire d'une aiguille fine, une substance sclérosante (forme liquide ou mousse). Cette substance va entraîner une rétraction et un durcissement de la veine malade, qui va se boucher (se scléroser) puis être progressivement résorbée par l'organisme.
Sclérothérapie : avant la séance
À la suite d'une première consultation chez un médecin vasculaire (angiologue ou phlébologue), la sclérothérapie peut être proposée pour traiter des varicosités ou des varices. Après un bilan veineux et une exploration fonctionnelle des veines (écho-Doppler), le médecin peut également proposer une prise en charge adaptée.
Contre-indications
La sclérothérapie n'est pas réalisée pendant la grossesse. En période d'allaitement, si le traitement est indispensable, une interruption temporaire de l'allaitement de 2 à 3 jours est recommandée. D'autres situations nécessitent une attention particulière : infection cutanée active, allergie connue au produit sclérosant, antécédent récent de thrombose veineuse profonde ou d'embolie pulmonaire, ou risque thromboembolique élevé. Tout problème dermatologique devra être traité avant la séance.
Préparation
Dans les 48 heures précédant la séance, il est recommandé de :
ne pas prendre d'aspirine ni d'anti-inflammatoires ;
ne pas appliquer de crème sur la zone à traiter ;
signaler tout traitement anticoagulant à votre médecin.
À propos des veinotoniques
Certains veinotoniques peuvent soulager des symptômes comme la lourdeur des jambes, mais leur effet reste symptomatique et ils ne modifient pas l'évolution de la maladie. Le traitement de fond repose sur la contention élastique et les mesures hygiéno-diététiques.
Sclérothérapie : après la séance
Contention
Le port d'une contention élastique (bas ou chaussettes médicales) est recommandé après la séance. La durée et le niveau de compression sont fixés par le médecin, généralement plusieurs semaines. En Belgique, la contention médicale peut être remboursée sous certaines conditions (notamment en cas de prévention d'ulcère veineux).
Activité
La marche est encouragée dès le jour de la séance ;
Les efforts physiques intenses (sport, port de charges lourdes) sont à éviter pendant environ une à deux semaines ;
Les stations debout ou assises prolongées sont à limiter dans les jours qui suivent ;
Surélever les jambes au repos est bénéfique.
Hygiène et soins
La douche est possible dès le lendemain, en nettoyant délicatement la zone traitée ;
Les bains chauds, saunas, hammams et piscines sont à éviter pendant environ une semaine ;
L'exposition au soleil de la zone traitée est à éviter pendant plusieurs semaines ;
Éviter d'appliquer des crèmes ou produits irritants sur les zones injectées.
Effets secondaires fréquents
Bleus, rougeurs ou légères douleurs au point d'injection, qui disparaissent en quelques jours à quelques semaines ;
Petites indurations sous la peau, pouvant persister quelques mois ;
Pigmentation brune de la peau, généralement transitoire.
Quand consulter en urgence ?
En cas de :
essoufflement ou difficulté respiratoire ;
douleur au mollet, derrière le genou, à la cuisse ou à l'aine ;
rougeur, chaleur ou gonflement d'une jambe ;
signes d'infection au point d'injection (rougeur qui s'étend, douleur croissante, fièvre) ;
fièvre supérieure à 38 °C.
En Belgique
La sclérothérapie est réalisée en ambulatoire, en cabinet spécialisé ou en hôpital de jour. En France, l'ANSM a placé cette technique sous surveillance renforcée en raison de rares effets indésirables cardiovasculaires graves ; la sclérothérapie à la mousse doit idéalement être réalisée sous guidage échographique.
Sources : CHU Saint-Pierre (Bruxelles), CBIP (Centre Belge d'Information Pharmacothérapeutique), INAMI/Riziv, ANSM, HAS, CHRU de Nancy.